Fiche film: Nom : Sin City Réalisateur : Robert Rodriguez, Frank Miller, Quentin Tarantino Casting : Bruce Willis, Mickey Rourke, Jessiba Alba, Benicio Del Toro, Josh Harnett, Jaime King, Brittany Murphy,.. Genre : Adaptation de comics, action, fantastique, policier, post-apo Durée : 2h03
"Un jour, je me suis demandé, pourquoi mes films sont populaires ? Est-ce parce qu'ils sont bons et profonds ? Parce qu'ils sont à la mode ? Parce qu'ils sont artistiques ? J'ai réfléchis très
longtemps, et j'ai eu une idée pour répondre à mes questions existencielles. Au lieu d'essayer de faire un film riche scénaristiquement, j'ai essayé de faire un film qui ressemblait à un film
riche, mais qui n'en est pas un. Pourquoi ne pas faire un nanar avec un scénario ridicule, mais réalisé de façon à ce qu'ils paraissent complexe ? Le projet de la saga Sin City était
né."
- Quentin Tarantino*
Critique :
Des réalisateursgeeksayant du succès, il y en a toujours
eu, Georges Lucas, Spielberg et Roddenberry en tête, cependant en ce début de nouveau millénaire, on peut dire qu'ils commencent véritablement à prendre le contrôle d'Hollywood. Ces dernières
années, les plus gros succès cinématographiques sont en effet réalisés par des purs geeks, les plus célèbres étant Peter Jackson (LOTR), Sam Raimi (Spiderman), les Wachowski (Matrix), puis
evidemment Rodriguez Robert et Tarantino avec l'incontournable Sin City. Le film avait en effet tout pour plaire, un casting très impressionnant, un budget immense et des réalisateurs
talentueux, mais cette superproduction américaine reste décevante.
Dès le départ, Sin city s'est voulu, non pas une simple adaptation comme on pourrait s'y attendre, mais une transposition minutieuse de
la bande dessinée en film. Comme le comic était célèbre pour son utilisation des effets de lumière spécifiques aux bandes dessinées et très difficiles à reproduire dans la réalité, le pari
fut risqué, mais finalement réussi : Sin City est ce qu'on peut appeler un choc visuel. Sur le plan esthétique, Sin City est d'une beauté rare et singulière. Première surprise, le film est en
noir et blanc, seuls quelques rares éléments restent en couleur vive ; Le sang, ou certaines parties du visage de quelques personnes. ceux qui permet un focus très intéressant sur les
éléments à souligner. Le rendu des couleur est superbe, c'est indiscutable, et participe considérablement à l'ambiance basse,post-apocalyptiqueet presque cyberpunk du film. Le bilan est par contre plutôt mitigé en
qui concerne les effets spéciaux, certains passages étant très douteux notamment les explosions. Tarantino nous avait habitué à des effusions de sang considérables dans Kill Bill, on les
retrouve ici, sauf que l'hémoglobine n'est pas forcément rouge, elle est parfois blanche ou jaune, si vous vous demandez pourquoi, les fans répondront que c'est parce que c'est "artistique".
Mouais. En tout cas, le film est très violent et ces couleurs atypiques et quantités hyperboliques permettent de prendre le recul nécessaire pour ne pas être choqué par tant de gore et de
haine. Le regarder au 3eme degrés est préférable.
Certaines scènes sont vraiment sublimes
Cependant, comme le film se veut une réplique parfaite de l'œuvre originale, la narration est également similaire, et c'est ici le gros
problème du film : La narration est adaptée à un comic, certainement pas à un film de deux heures ! On a droit à trois feuilletons totalement décousus et sans la moindre interaction, les uns
n'apportant rien aux autres.. Le pire étant que le temps alloué à chaque récit est beaucoup trop court, ce qui empêche de développer psychologiquement les personnages, qui ressemblent plus à
descaricaturesqu'autre chose. De plus, chaque histoire présente des
personnages différents et lamultiplicité des intrigueset des personnages nous
empêchent de s'attacher à eux. Dommage, ça aurait été plus simple de ne faire qu'une seule histoire et d'y rajouter des intrigues secondaires.
Maman, Harry Potter me
fait peur !!
La première parle narre les aventures d'un colosse, Marv, un personnage stéréotypé au possible à cause d'un développement psychologique beaucoup trop court
(contrairement au comic qui développe bien le personnage). Encore une fois, c'est dû à cette narration tellement mauvaise, il aurait fallu au moins une heure pour raconter cette histoire, elle
tient ici en moins d'une trentaine de minutes ! Je vous fais un résumé pour vous rendre compte del'absurdité de la chose, à force de résumer, Rodriguez a transformé l'histoire, qui était intéressante dans le comic en caricature : Le héros, une brute, rencontre une femme qui se fait tuer quelques
heures après leur rencontre, et évidemment, Marv, qui est un "gentil amoureux" au cœur d'artichaut, va chercher l'assassin et le tuer par vengeance, prêt à sacrifier sa propre vie pour une fille
d'une nuit..
Sublime, un des moments les plus WTF du film. Je me
demande encore ce que fout une svastika ici..
Le second récit est le plus long, et donc le mieux développé. Le scénario est toujours aussi médiocre, mais au moins, il y a de l'action et des scènes amusantes.
Quant au troisième, il est divisé en deux, cinq minutes au début du film, le reste à la fin, ne me demandez pas pourquoi, la narration est tellement chaotique qu'on commence à ne plus la
remarquer tellement on est blasé. Cette partie est de loin la pire de toute, ridicule, dégoulinante deniaiserieet de banalité. Je me demande franchement si ce film n'est pas une blague des réalisateurs… Cette fois, on a affaire à un policier « gentil » incarné par Bruce Willis
qui lutte contre lespoliciers corrompus,les hommes
politiques tout pas bôet lespédophiles qui violent les enfants.
C’est manichéen au possible. En tout cas, le jeu des acteurs est généralement bon, et les acteurs essaient tant bien que mal de sauver les caricatures de personnages qu’ils sont censés incarner.
Cependant, on peut quand même noter que certaines scènes manquent de naturel au niveau du texte, notamment lors de certains dialogues pseudo-philosophiques, forcément, quand on
prend aux mots prêts les phrases du comic.. Quant à l'introduction et à la conclusion avec Josh Hartnett, j'essaie de trouver à quoi elles servent .. mais j'ai pas encore trouvé. C'est
surement lié à Sin City 2, en tout cas, j'espère.
Cette image en dit long sur
l'originalité du scénario qui pourrait être sortie des pires nanars américains
Finalement, les intrigues de Sin City sont ridicules, mais elles sont éclairées et mises en valeur par un aspect visuel sublime de telle façon qu'elles paraissent
intellectuelles et complexes. Parfois grotesque, parfois risible, ce film n'est qu'une illusion profondément creuse, accumulant incohérences et caricatures, frôlant en permanence le nanar, le
mauvais goût et le ridicule. Une œuvre inquiétante, pas parce qu’elle est pessimiste, mais simplement parce que des gens croient que c'est un excellent film. Où va le monde ?Les fans me diront que Sin City ne se prend pas au sérieux, que je suis trop terre à terre, que c'est une caricature des nanars italiens et que je n'ai rien compris
au film mais je leur répondrais que dans ce cas là, j'attends vos interprétations du film, parce que je vois vraiment pas comment on peut appeler ça un "excellent film".
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Un blog critique orienté pop-culture. Mes impressions personnelles dans de nombreux domaines : Musiques, actualité, japanimation, littérature, manga, informatique, jeux vidéos.